Service de Maintien à domicile - C4
Dispositif d'accompagnement d'équipe
Description
Ce dispositif d'accompagnement propose, préalablement à l'actualisation du projet de service, un travail de réflexion partagée sur plusieurs éléments incontournables :
-
Définitions et fonctions d’un projet de service
-
Evaluation et critique du projet actuel. Est-il à jour et adapté ? Les professionnelles peuvent-elles se l’approprier ?
-
Emergence de propositions pour se doter d’un « Projet rénové »
Objectifs généraux
-
Contribuer à développer une posture réflexive chez les participantes sur leurs activités professionnelles, leurs métiers, rôles et fonctions, leurs relations entre elles, avec les usagers et leurs proches, ainsi que sur leurs rapports à leur établissement d’appartenance.
-
Permettre au collectif de travail de s’engager dans une démarche d’élaboration et de co-construction afin de soutenir l’appropriation du projet de service par chacune ainsi les dynamiques institutionnelles.
-
Favoriser la reconnaissance et la valorisation du travail quotidien des équipes, au travers d’une évaluation à visée objectivante de ce qui est réellement fait par chacun.
Durée
Afin de concilier ce dispositif avec les contraintes organisationnelles et budgétaires du service, il est décidé d’avancer pas-à-pas dans cette démarche en programmant tout d’abord trois séances de deux heures avec chacun des groupes puis une séance de comité de pilotage pour faire le point sur l’avancée du travail et les suites à y donner.

Groupe C
Synthèse des premiers échanges
Séance 1
Il faudrait que les filles du bureau connaissent les bénéficiaires pour qu’ils puissent formuler leurs attentes, pour qu’on visualise mieux leurs besoins, pour que l’évaluation soit plus précise.
Impression que la situation s’est beaucoup détériorée, qu’il y a plein de problèmes. Avec arrêt de la subvention du département, beaucoup de personnes veulent arrêter.
Et nous, on a l’impression d’être à la disposition de la C4, insupportable. Beaucoup d’arrêts maladie.
Pourquoi y a-t-il un tel déséquilibre d’heures entre collègues ?
Les temps de transports qui sont souvent trop court c’est très stressant.
Impression que la mort est banalisée – l’administratif prend toute la place.
« On n’arrête pas de nous dire qu’il ne faut pas s’attacher »
Le protocole décès, les soins palliatifs à domicile, normalement ça n’est pas notre métier.
Les Aides-soignantes à les entendre on est des sous-merdes.
Question de la conscience professionnelle.
De l’importance des transmissions et d’être en binôme
On n’est pas assez reconnues, pas assez rémunérées – Lassitude – raz-le-bol
« La paie ne suit pas »
Certaines professionnelles exercent ce métier par vocation, d’autres non mais « si on ne l’a pas choisi et qu’on se retrouve là-dedans, autant le faire bien quand même »
Réflexion sur la position sacrificielle : accepter trop, ne pas réussir à se défendre, aller au-delà de ses limites.
Faire bouger les représentations de la vulnérabilité
Mettre en place des règles
Séance 2
« Il en a du pouvoir le logiciel »
(AS : impression d’être de retour chez Taylor quand la dimension organisationnelle prend toute la place)
Les transmissions entre collègues, il y a un manque de communication
C’est tout de même embêtant aussi de déranger les collègues lorsqu’elles sont en congés ou en repos.
Un débat s’ouvre sur garder ou non son téléphone mobile pro à côté lorsqu’on est à la maison.
Impression d’être esclave des téléphones.
Les frontières entre vie pro/vie perso sont souvent floutées.
Situation d’une dame qu’on accompagne pour faire ses courses. Elle ne veut jamais sortir du magasin. Comment garde son calme ?
Le regard que la professionnelle va porter, l’analyse qu’elle va faire de la personne, de sa pathologie, de sa situation est déterminant. Si on évalue le comportement sous un angle moral, on se sent attaqué personnellement et on aura plus tendance à réagir en miroir.
Lorsque les gens souffrent de troubles cognitifs ou psychiques importants, il est indispensable de privilégier la qualité relationnelle sur les objectifs opérationnels, sans quoi on risque fort de brutaliser ou d’être brutalisé.
Séance 3
L'idée c'est quand même d'aider au mieux les bénéficiaires.
L'évaluation initiale des besoins, ça pourrait bien être de notre responsabilité finalement. Oui mais ce n'est pas le même type d'évaluation. Ce serait bien quand même que les filles du bureau se déplacent à domicile ; beaucoup de bénéficiaires aimeraient les voir plus.
"le mot "dossier" ça m'a toujours choqué, c'est deshumanisant".
On a toujours tendance à s'adapter mais parfois pour améliorer les choses, il faut vraiment communiquer avec le bureau et même comme ça ça prend du temps (par exemple, pour que la personne obtienne un lit médicalisé)
La temporalité ne dépend pas forcément du service, les tuteurs et les familles ont leur propre temps de réaction.
Une participante relativise "moi, je suis beaucoup plus à l'aise en intervention à domicile qu'en EHPAD. Les personnes du bureau sont vraiment compréhensives, quand ça ne va pas, il faut juste appeler.
Evocation d'une situation délicate avec un bénéficiaire "un peu macho, un peu facho".
La seule chose qu'on peut dire, c'est qu'on n'est pas assez payées.
A quel point peut-on laisser couler quand on voit qu'une tutelle ne fait rien ? Question de la responsabilité.
Lorsqu'on fait remonter des situations de maltraitance, il ne se passe souvent rien (plusieurs cas évoqués)
Le groupe conclut sur la question de la violence, qui est l'affaire de tous et qu'il faut à la fois chercher à penser pour y donner du sens et chercher à la stopper à tout prix.
Et pour que ça s'arrête, il faut parler.
Le groupe s'interroge sur ce qui rend la parole difficile : peur d'abimer la relation, peur de nuire à la personne, peu d'abimer l'idéal du soin en nommant ce qui ne va pas.
"on parle d'équipe, mais enfin, on est toujours toute seule"
Sur ce dispositif d'accompagnement "au début, on s'est dit mais qu'est-ce que ça va changer" - peut-être introduire le principe du volontariat.